dimanche 24 octobre 2010

L’ami du petit tyrannosaure

Il était une fois un petit tyrannosaure qui n’avait pas d’amis parce qu’il les avait tous mangés. Pourtant, chaque fois, il avait essayé de se retenir très fort, ça se passait toujours de la même façon. Le petit tyrannosaure rencontrait quelqu’un qu’il trouvait sympathique et s’essayait à côté de lui pour engager la conversation. Au bout de quelques instants, il sentait une petite faim lui chatouiller l’estomac. Alors il regardait discrètement à droite et à gauche pour voir s’il n’y avait pas une ou deux fourmis à grignoter. Très vite, il se mettait à avoir très faim. Mais comme il trouvait son nouvel ami vraiment très sympathique, il lui proposait d’aller jouer chez lui ou sur la plage. Et c’est là que la catastrophe se produisait. Le petit tyrannosaure se jetait sur son nouvel ami et n’en faisait qu’une bouchée. « Pardon ! Pardon ! » disait ensuite le petit tyrannosaure. Mais bien sûr, c’était trop tard. Ce matin-là, le petit tyrannosaure venait juste d’avaler son dernier nouvel ami. Il était seul, à présent, totalement seul dans la grande forêt. Il comprit qu’il n’aurait sans doute plus jamais d’ami. Alors il fut pris d’une immense tristesse et se mit à pleurer. Il comprit aussi que, bientôt, il allait avoir très faim, et se mit à pleurer encore plus fort. Quelqu’un s’approcha. Ce quelqu’un s’appelait Mollo et venait d’une autre forêt. « Va-t’en ! » lui cria le petit tyrannosaure. « Va-t’en, sinon je vais te manger ! » Mollo ne bougea pas. « Ne t’en fais pas », dit-il, « j’ai le pouvoir de me rendre immangeable. Il suffit que je prononce une formule dans ma tête et, aussitôt, ça me donne un goût épouvantable. » « Et là, tu l’as prononcée, cette formule ? » demanda le petit tyrannosaure. « Je viens de la faire », répondit Mollo. Rassuré, le petit tyrannosaure lui raconta toute son histoire. «Ecoute », lui dit Mollo, « j’ai très envie d’être ton ami. Je suis sûr que c’est possible. Mais d’abord, il faut que tu manges. Je vais te faire un gâteau. Je suis un excellent pâtissier. « Tout en répétant sa formule, Mollo ouvrit sa valise-cuisine et fit très vite un bon gros gâteau. Il s’en coupa un petit morceau et offrit le reste au petit tyrannosaure. « Tu vois », dit-il, « tu n’as pas tenté de me manger pendant que je préparais le gâteau. Demain nous essaierons quelque chose de plus difficile et je te promets que, dans trois jours, nous serons amis pour la vie. » Ensuite ce fut l’heure de dormir et ils se disent au revoir. Mollo passa la nuit dans une cachette car il ne savait pas dire sa formule en dormant. Le lendemain matin, Mollo prépara un gâteau et le lit à cuire. Puis il dit : « Il faut que t’entraînes ne pas me manger. Tu vois, là, par exemple je n’ai pas dit ma formule. » Le petit tyrannosaure regarda le gâteau et trouva qu’il mettait beaucoup trop de temps à cuire. Il se jeta sur Mollo et l’avala tout rond. Mais le recracha aussitôt, parce qu’il avait vraiment un goût épouvantable. « Ouf ! » dit Mollo, « j’ai tout juste eu le temps de dire ma formule. Nous avons au chaud. » Le petit tyrannosaure était bien content que la formule ait marché. Mais il avait tout de même honte de ce qu’il avait fait, et se sentait très malheureux. « Ne t’inquiète pas », lui dit Mollo. « J’ai confiance. Tu vas faire des progrès. Et dans deux jours, nous serons amis pour  la vie. » Comme ils se disaient au revoir, le petit tyrannosaure demanda à Mollo : « Pourquoi est-ce que tu ne répètes pas tout le temps ta formule ? Comme ça, tu serrais sûr de ne pas être mangé… » « Parce que, répondit Mollo, « quand je ne suis pas en danger, je préfère avoir bon goût. » Le lendemain, Mollo dit au petit tyrannosaure que, cette fois, le gâteau allait mettre un peu plus longtemps à cuire. Il lui dit aussi qu’il n’avait pas l’intention de prononcer sa formule. Le petit tyrannosaure se jeta sur le sol en pleurant. « Je veux te manger ! Je veux te manger ! Je veux manger ! » hurla-t-il. Mais il ne mangea pas Mollo car le gâteau fut prêt juste à temps. « Tu verras », lui dit Mollo, « il nous reste encore une toute petite chose à réussir, et demain, je sens que nous serons amis pour la vie. » Le lendemain, Mollo avait un drôle d’air et un bras dans le plâtre. « Je me suis cassé le bras », dit-il. « C’est embêtant, parce que je ne peux pas faire de gâteau. » « Tu vas avoir faim », ajouta-t-il. « Très faim. Mais je ne dirai pas ma formule. Si tu veux, tu peux me manger. Vas-y. Mange-moi. » Le petit tyrannosaure répondit : « Je crois que je vais faire un gâteau. Tu veux bien m’expliquer la recette ? » Et c’est ainsi que le petit tyrannosaure fit le premier gâteau da sa vie…et réussit à ne pas manger son ami. Quand le gâteau fut cuit, Mollo enleva son plâtre. « Je ne me suis pas cassé le bras en vrai », dit-il. « Tu ne m’en veux pas d’avoir menti ? » Le petit tyrannosaure ne lui en voulait pas du tout. Il était fier, heureux, et il avait enfin un ami pour la vie.

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